Temps forts du colloque 2016

 

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ANA-MARIA COZMA

« L’argument de la peur. »

De l’état d’urgence à la révision de la Constitution, en passant par la #DecheancePourTous : analyse des discours sécuritaires post novembre 2015.

Nous proposons une étude sur les discours officiels liés aux attentats de novembre 2015 et aux mesures de sécurité qui s’en sont suivies (état d’urgence, perquisitions, déchéance de nationalité, projet de loi constitutionnelle) : discours du Président de la République pendant et après les événements, discours du Premier ministre à l’Elysée et à l’Assemblée nationale, débats à l’Assemblée nationale visant la prorogation de l’état d’urgence et la « protection de la Nation ».

Au-delà des lieux communs caractérisant les discours sécuritaires, ses travaux se concentrent sur des formules correspondant à des arguments récurrents et structurants (tels l’unité/le rassemblement, l’exception en opposition avec la durée, ou encore la peur), à l’évolution et aux variations de fréquence de ces formules/arguments, et enfin, à la discrimination explicitée ou occultée dans ces discours. Par contraste avec les discours institutionnels, les discours des médias et des réseaux sociaux, notamment, donnent à voir ce dont s’emparent les citoyens, privilégiant certains éléments au détriment d’autre

 

Laura Calabrese

LAURA CALABRESE

« Le rôle  des  métadiscours  dans  la  définition  des  problèmes  publics.  Le  cas  de  migrant  et  islamophobie. « 

Dans  cette  communication, nous nous intéressons à la nomination d’acteurs et de problèmes publics. En  nous arrêtant sur des dénominations « problématiques » (en l’occurrence islamophobie, migrant/réfugié), c’est‐à-­dire qui sont débattues dans l’espace public, nous voulons mettre en avant le rôle des métadiscours dans la définition des problèmes publics. Si ces derniers sont souvent construits sur des événements (la guerre en Syrie, le déplacement des migrants, des agressions envers des musulmans), ils les dépassent pour constituer des problèmes à part entière qu’il faut nommer selon des routines propres au discours médiatique. Or, il  arrive que l’acte de nomination devienne problématique lorsque l’on constate un décalage entre les mots et les choses. Dans ces cas, les médias d’information, mais aussi les publics médiatiques, vont se mobiliser pour légitimer ou délégitimer certaines dénominations. En analysant les déclencheurs et les dynamiques de ces controverses sémantiques, nous aimerions montrer que les métadiscours révèlent l’instabilité des problèmes publics et, plus largement, des référents sociaux construits en discours. L’analyse du corpus montrera que l’emploi du métadiscours est distribué parmi les acteurs sociaux en fonction de leur positionnement idéologique. Ainsi, ceux qui sont pour l’accueil des réfugiés vont avoir un recours important au métalangage pour déconstruire les mots migrant/réfugié, de même que ceux qui défendent que l’islamophobie n’est pas du racisme mais une critique légitime de la religion vont décomposer le mot islamophobie voire proposer de nouvelles dénominations.

 

TABLE RONDE 

Débat et témoignages d’associations et du public sur les rapports entre discours et discriminations.

Frédéric Callens, Direction de la Ville et de la Cohésion Urbaine, Jean-Claude Vitran, Président de la Fédération du Val d’Oise, Ligue des Droits de l’Homme, Linda Ghemmour, responsable de l’Espace emploi de Sarcelles pour la Communauté d’Agglomération Roissy Pays de France, Malika Kachout, jusriste spécialisée de la Mission Locale du Val d’Oise, Collectif Fusion.

 

Thierry Deshayes

 Analyse des discours normatifs, contre-normatifs, alternormatifs

 

 

 

Albin Wagener

ALBIN WAGENER

« Europe, cultures et nations : analyse critique de discours du Conseil de l’Europe. »

Les livres blancs produits par le Conseil de l’Europe, lorsqu’il s’agit d’interculturalité, nous fournissent d’intéressants indices de la politique de l’Union Européenne. En évoquant le besoin de diversité culturelle, le Conseil de l’Europe semble en effet mettre de côté le rôle des Etats et de traiter les histoires nationales comme de simples spécificités communautaires, voire communautaristes. Le but de notre intervention sera, via l’analyse de discours, de partir à la découverte de ces discours dissimulés qui, derrière d’apparentes visées pédagogiques, révèlent certains desseins de l’élite bruxelloise.

 

 

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ARNAUD RICHARD

« De la déclaration officielle populiste racialisante aux échanges numériques haineux : l’intérêt d’une analyse du discours appliquée aux tensions entre Haïti et la République dominicaine. »

Nous proposons une étude des représentations médiatiques des tensions identitaires entre Haïti et la République dominicaine à travers l’analyse des déclarations politiques officielles, des traitements journalistiques et des échanges populaires numériques. Cette analyse du discours tentera alors de contribuer à la tentative de résolution des conflits avec ce cas contemporain dans la Caraïbe.

 

 

 

Abdelhadi BELLACHHAB

ABDELHADI BELLACHAB

 « S’opposer pour se poser : l’univers discursif d’un tueur en série à travers ses correspondances »

Sous-jacentes à toute création de la réalité sociale, les Déclarations, en l’occurrence ici, d’un tueur en série visent à reconstruire un nouvel univers discursif lui conférant une fonction-statut de « personne normale » par opposition à la fonction-statut de « personne hors-norme » ou « anormale » qu’on a voulu lui attribuer au moyen de Déclarations judiciaires et médiatiques. Il s’agit donc d’identifier les dynamiques identitaires qui sous-tendent la volonté d’un tueur en série de se régénérer faisant face ainsi à l’image que l’on a fait de lui institutionnellement (média et justice) ; notre objectif étant de saisir la normativité revendiquée au travers d’une identité reconstruite à partir d’une antinomie apparente, à savoir réduire l’écart entre une identité criminelle et une autre « saine » et, en même temps, s’écarter de l’anormativité des autres criminels.

Afin d’examiner cette identité discursive du tueur en série, nous proposons d’étudier les onze lettres de Robin Gecht (Furio 1998 : 147-174), un tueur en série condamné à 120 ans de prison, et membre du groupe du « Chicago rippers » (Éventreurs de Chicago). Les lettres de Robin Gecht ont été envoyées, entre juin 1997 et avril 1998, à Jennifer Furio, une correspondante qui se dit, dans sa lettre (Furio 1998 : VII-VIII) envoyée à environ une cinquantaine d’incarcérés, intéressée de comprendre ce qui s’est passé à ces condamnés et comment ils se retrouvent en prison.

 

 

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